Valse en trois temps, DF Danse

Valse en trois temps, DF Danse

Valse en trois temps – Tangente présente un programme double regroupant le travail de Sarah Dell’ Ava ainsi que celui des frères Ben Aïm, qui scrutent tous deux, mais bien évidemment à leur façon, la source du mouvement et l’impulsion qui engendre la suite. […] En seconde partie, il nous est donné la chance de voir l’impressionnant travail orchestré par Christian et François Ben Aïm. Valse en trois temps ne dure pour cette soirée que quinze minutes, mais on en engloutit chaque note dansée à travers un solo interprété par la splendide Aurélie Berland. Un solo qui commence avec toute la vulnérabilité du monde ; seule lumière suivant le visage d’Aurélie. Elle regarde le public sans broncher, mais cette masse imaginaire dans sa bouche entrave la discussion. De sa traversée longue et large de la scène, les lumières se diffusent à l’espace global et c’est à ce moment que les frissons débutent. Mozart, Offenbach, Liszt, Schubert se succèdent, mais doivent défendre leur stature musicale auprès du mouvement qui palpite à l’interne de l’interprète, qui explose à l’externe. Ce qui s’exprime au travers des crispations, des tensions, des relâchements, des envolées n’est en fait que le doux et clair reflet de la musique. La danseuse ne prétend pas jouer toutes les subtilités de la mélodie classique, mais elle ne fait certainement pas fausse route quant à frapper au bon moment à l’aide d’élans de corps imprévisibles. Au paroxysme des notes, on voit le corps de l’interprète s’épanouir sans nous livrer tous ses secrets. Car oui, elle se garde une réserve ; elle a effectivement trouvé la source du mouvement intérieur. Toutefois, il s’agit d’une bien trop belle trouvaille pour nous la livrer de manière explicite. Elle nous la transmet, on a des frissons, on a l’oeil pétillant et l’envie de faire comme elle, c’est bien assez, vous ne trouvez pas !

df danse
DF Danse, novembre 2013
1920 580 Compagnie Christian et François Ben Aïm
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